ࡱ> c jbjb!! 0"KKH1111,1\HWD2Z2Z2Z2Z2Z2Z2Z20W2W2W2W2W2W2W,oXRZ^WZ2Z2Z2Z2Z2^W0WZ2Z2sW0W0W0WZ2$Z2Z20W0WZ20W0W0W0W82 ~10W0W0WW0W0Wc[0Wc[0W0WHH% )HH ) CONTACT _Con-394A28BE1 \c \s \l Marie-Claire PlancheNotes de lecture, Couronnement de LouisMuriel Ott, Le clerg ds le CL, Mthode!, 23, agrgation 2014 Drision des clercs pas rare ds litt md., cf fabliaux; ms certains rcits prsentent aussi ecclsiastiques triomphants. Chansons de geste ont mme ambivalence. tude dun point abord par Frappier, G lutte contre les empitements de linsubordination des gds fodaux, ms dfend aussi la royaut contre les prtentions clricales soumettre lautorit laque celle de lEglise. CL, place accorde au clerg considrable, nbre decclsiastiques interviennent ds action, ce qui nest pas le cas de ttes les chansons de geste. Auteur ne sintresse pas la distinction entre clerg rgulier et sculier: cf sc couronnement Aix o figurent vques, archevques, abbs v. 39-45. Tours: clercs qui ont trahi st vques co abbs, v. 1693, 1762, 1770. Cpdt auteur soucieux de transmettre une ide polit: royaut et empire doivent avoir la suprmatie sur ttes prtentions de Eglise et notamment du pape, cf sc du couronnement Aix. Chapelle qui vient dtre consacre runit hauts pers lacs et ecclsiastiques, le Pape en pers chante la messe, v41. Archevque sadresse assemble et expose objet crmonie: associer la royaut et lempire le fils de Charlemagne. Pers psts pr donner + de garantie dauthenticit lvnement. Ce nest pas au pape de poser la couronne, place sur lautel v48, 63, 142. Monarchie de droit divin. Ds les faits cest G qui couronne L. Sc du couronnement Rome a mme sens. Ap sa victoire sur Gui dAllemagne qui revendiquait lempire, G raffirme lgitimit de L: v2643-45, 2649-51. G couronne co Aix, clerg aussi pst ms nintervient pas. Lgitimit de L co empereur raffirme R un moment o le pape, mort, na pas encore de successeur. La succession nest mme pas envisage. Ds sc de couronnement et ds lection dun pape par empereur, cho de la rforme grgorienne, de la querelle des investitures, prise de position. Vritable charge lencontre du clerg, mme si certains lts paraissent trad., cf mpris envers clercs qd Charles dcouvre que son fils est coart v92. V.1966-71, tonsure de Richard de Rouen humiliation car assimil un clerc. Ms tonsure peut aussi assimiler celui qui la subit un serf, cf v1966. Dtails comiques = dtachement lgard du clerg, cf lorsque le Sarrasin jette un regard sur ce qui, de familier, devient alors trange. Qd pape se rend en ambassade ds camp paen, roi Galafre sadresse en utilisant apostrophe, v475; Corsolt, dt narr vient de faire un portrait souligne sa monstruosit v505-510, qui stonne de laspect du pape, v513. Dimension comique ds emplois mtaphoriques du nom corone ou du v coroner, qui voquent la tonsure ecclsiastique et le caractre illgitime des prtentions la couronne des usurpateurs: v. 1512-14, 1907-10, 1921-22. Emplois ts courants ds chanson, ms prennent un relief part ici ds chanson qui prne monarchie hrditaire et ncessaire loyaut de aristo tt en mettant en sc des tratres et un hritier de la couronne si indigne quil nest bon qu sonner les cloches. Aucun des ecclsiastiques mis en scne nest exempt de reproche. Clercs de Tours se st prts la tentative dusurpation de la couronne, v1694. Forment un gr nbreux, v.1692 (80) ms indistinct. Trahison punie par G qui ne les tue pas, v1771. Sort difft rserv au clerg romain qui sest donne Gui lAlld, prtendant lEmpire, car aucune punition nest signale. Souci de varit? Signe que les affaires romaines st traiter avec dlicatesse? Gui lAlld sest empar de Rome. Complicit des Romains, revendication de lEmpire st mises en vidence. Sadresse un per de Rv2291 pr lui demander daller attaquer les Fs; il est prcis que ce st les Romains qui font cette attaque: v2307, 2329, 2338. En raison de la victoire de G sur Gui, clerg fait volte-face et accueille son matre lgitime, v. 2631-41. Revirement gure honorable du clerg romain, id pr aristo, cf v2646-48. ces clers dtestables qui ont trahi, semblent sopposer clerc et abb de Tours qui sont rests fidles L, mme sils ne st pas irrprochables. Est-il acceptable quun clerc appelle au meurtre? voir celui qui dnonce G la trahison des 80 clercs, v. 1697-99. Au dbut de la chanson, G avait rfrn son dsir de trancher tte de usurpateur Arnes avec son pe, v127. G ne tue pas les tratres pr la mme raison, v1771. clat de rire de G face aux paroles du clerc, v1701 traduit surprise du hros et amusement ironique entendre un clerc profrer un discours inattendu et inadapt son tat. G ne commente pas les paroles et plus loin demande ses chevaliers comment punir les tratres; condescendance moqueuse des guerriers lgard de cx qui sont couronns, v.1749-50. Abb Gautier scandalise G. il na pas particip au complot, sest rfugi avec L afin de le protger ds une crypte de St Martin. Cpdt il donne L un curieux conseil lorsquil le met en prsence de G, v1721-22, 1726-27. Il ne convient pas quun roi sagenouille dvt son sujet. Indignation de G qd apprend que roi genoux, v1744-46. Obissance de L montre sa faiblesse, conseil de labb suggre que les clercs ne st pas tjs de bons conseillers pr les rois. Pape: prsent sous des jours divers, difficile de voir en lui un pers positif. Adj laudatifs: v320, 327, 426, 435, 379, 495. Pfs joue rle imp ds action, v437, 449. Habile ngociateur v498. Ambassade est chec v462-469, ms pas vaine car revient avec une dcision: Corsolt contre G. pape svt peu flatt. On ne peut gure lui reprocher sa peur qd apprend arrive des Sarrasins, v334, puis entend intentions de Galafre, v.470 et celles de Corsolt, v545. G peur qui nest pas vue comme mprisable, v675,686. Peur du pape ne le paralyse pas: cherche secours arm, se fait indiquer endroit o se trouve G, nabandonne pas son ambassade, mme sil na rien rpondre aux menace de Galafre, qui, co celles de Corsolt, visent les mbres du clerg. Cherche viter un conflit arm en proposant trsor aux Sarrasins (v457) en change de leur dpart. Fait G pr linciter se battre, des promesses qui concernent les pchs, v390-91, ms qui st exorbitantes: garantie du pardon de ses fautes venir ( lexception de la trahison). V399, ironie. Trait comique et anticlrical, raction de G ss dte proche de celle du public lac de la chanson, cf aussi attitude G qd clerc de Tours linvite au meurtre en dclarant endosser le pch. Surprise amuse et ironique dvt comportement de clercs que laristo guerrire regarde avec condescendance. Soudaine bonne humeur de G lorsquil entend les promesses du pape qui dcide le hros accepter le combat, en dpit dune faiblesse numrique, v398-402. Dimension satirique, cf prologue, v31-38. Pape encore critiquable et critiqu. Au retour ambassade chez Sarrasins, a t pouvant par Corsolt, qui est un dmon; persuad que hros les plus valeureux noseraient laffronter, v575-587. Jongleur souligne quel point le clerg est dchu, manque de foi et naccorde gure de crdit son propre enseignement. Intention polmique vidente, tt co clin dil du jongleur son public lac guerrier, prt sourire cette vocation ss ressentir tte porte polit et anticlricale. Combat G et Corsolt, v1060-65, 1086-89. Paens qui sen prennent leurs dieux qd ils constatent leur impuissance st frquents ds chansons. Menaces adresses par un chrtien au ciel st rares. Propos du pape scandaleux car ils se trouvent sur lvres chrtiennes et quaucun pers ne sen offusque. Qd G quitte Rome pr secourir L, le pape semble considrer que Rome appartient G, ce qui indigne le hros, v1417-23. (V885-888). Pape garde Rome pr Charlemagne, il na aucune suprmatie spirituelle ou temporelle sur le roi empereur. Il est un seigneur temporel un peu couard, matre dun clerg dnatur, prt ttes les promesses et indulgences. Comment comprendre que G prenne conseil auprs du pape propos de son ventuel mariage avec la fille du roi Gaifier, v1365-67, puis propos de son dpart immdiat au secours de L alors quil est sur le point de se marier, v1404-05? peut- sagit-il pr auteur de contre-balancer le portrait du pape, de montrer ce pers sous un jour moins ngatif. Intrts de G et du pape se rejoignent, G dispos passer sur petitesses du clerg. Images dun roi faible, dun clerg ss consistance, hros qui se destine au sacrifice dt le rire tmoigne dun apptit de vie qui fait fi des bassesses, tant est digne et glorieux le service de la royaut.Jean-Claude Vallecalle, Les deux couronnements de L, Mthode!, 23, agrgation 2014 Parcours de G, conduit par volont de dfendre ou de rtablir un ordre polit et reli ss cesse menac par assauts des Sarrasins et menes des tratres. Rcit de cette vie, marque par rptition de combats invitables a pu sinscrire ds perspective de mss cycliques. Retour des mmes situations et pfs de semblables adversaires tmoigne de la constance du dsordre et de la fermet dune rsolution: pr dfendre le roi. Ambigut de persvrance action hroque, rcit souvre et se ferme sur 2 sc diff de couronnement du mme roi, co si, la fin de la chanson, et malgr les victoires de son protecteur, son investiture tait devenue caduque et si la crmonie devait rpte. Effet imperfection pers et dabord faiblesse de L. trouvre ne peut dissimuler les failles du modle hroque quil dessine. Discours normatifs, triomphes de G contribuent souligner la prsence du mal. Rcit envahi par la violence tmoigne dun souci des normes et des rgles susceptibles dassurer harmonie ou du moins de permettre le fonctionnement quilibr de la soc hu. Proccupation inspire tt le 1er pisode de la chanson . flons psts, ms mme les ennemis de G et L st attentifs existence et ncessit normes soc et polit. Acelin respecte un principe dimmunit diplomatique pas tjs pst ds chansons de geste. Gui proclame avec sincrit lgitimit de sa cause. Orgueilleux et rebelle, propose un combat singulier. Aspiration au triomphe du droit ds le texte. Brve rptition la fin du couronnement, v2643-46. Tt au long, il ne cesse d aux yeux de G, le roi. 2me crmonie renouvelle linvestiture monarchique. Personnalit de hritier compte moins que sort et gloire de F. pope paradoxale, pome vou exalter un ordre polit, nen ill que la dcevante apparence. Principes polit, thiques, et reli se heurtent rsistance du rel, nchappent pas la compromission et lambigut. Restent rejet de la trahison, clbration hrosme qui nest pas individualiste. Ne tient pas espoir rcompense, grandeur de G ds dvouement ss condition. Claude Roussel, Le mariage manqu de Guillaume ds le CL, Mthode!, 23, agrgation 2014Projet de mariage avec la fille du roi Gaifier. Duel victorieux contre Corsolt, bataille qui fait lmir Galafre prisonnier assurent triomphe du camp chrtien. mir se convertit, est baptis, obtient dlivrance des captifs. Rcit se dsintresse du sort de limmense arme paenne, qui semble svanouir. Se focalise sur reconnaissance du roi Gaifier, qui propose G dpouser sa fille, v1360, lui offre la moiti de son royaume, v1364. G rpond avec circonspection, v1365, demande avis du pape, V1369. Tergiversation G surprend, pourrait paratre offensante. Empchement fortuit interrompt mariage, v1376, jeu reprises piques clairant, v1382. On passe de lide de dlai celle dannulation. V1392, au moment o le pape sapprte chanter la messe, o G tenait anneau nuptial, 2 messagers se prcipitent ds glise pr annoncer mort Charles et besoin daide de L. demande conseil au pape, v1408 qui lui prescrit de porter secours. G quitte son pouse en pleurs et G sapitoie sur sort de L, v1441. Fille limine, tt juste mentionne v223-2237. Mariage avort sinscrit ds un schma dens qui relie les branches et se caractrise par le fait que les projets de G st svt contraris par vnements imprvus. Paisible plerinage Rome se transforme en croisade, mariage interrompue, ap limination Acelin et Richard, il aspire au repos et sen trouve empch par rbellion de Gui dAll. Ap rtablissement de L, aspiration au repos annule par annonce de troubles fodaux. Hros ne peut jouir des plaisirs de la vie chevaleresque, vou se sacrifier au nom dune cause sup par une sorte dascse. Charlemagne vieux et fatigu, G jeune, mais hros pas matre de son destin, doit rpondre aux exigences de sa conscience. Mariage manqu dbouche sur impasse narrative, ms prsence ds texte se justifie par arguments dordre thmatique. Sq ill abngation dun hros qui renonce tt projet pers pr se consacrer la dfense du royaume, v1418, 1425. V1430-33, Orable dt G sprend alors quil ne la js vue. Thme de loubli apparat de manire rcurrente, absorb par tches urgentes le hros parat enclin ngliger ses engagements passs, v1395-96, 2233-34. Ds ces 2 ex, sagit de reproches faits G par pers du rcit. Ds le cas du mariage, le narr assume le constat, qui est moins un reproche quune explication. G arm de Joyeuse: v1049, 2501, 2576, 2605. Depuis la chanson de Roland, elle est trad lpe de lempereur. Charlemagne laisse couronne son fils, mais pe G, surprenant. pisode du mariage, env 80 vers, au centre de la chanson, stratgique, v1354-1433. Le trouvre lui accordait p une certaine importance. James Simpson, Luvre et lombre des gants: fantmes et ruines ds le CL, He dir, Lectures du CL, PUR, 2013.Place accorde limaginaire du poids et de la matrialit Agencement dble prologue: interpellation, puis vocation devoirs du roi, de la const du palais dAix et triple rptition Cel jor i ot, v39, 42, 45 pr se faire une ide du poids de la couronne, symb de la gloire du rcit propos. Cf // v548 pape stonne que terre puisse porter le poids du corps de C. Gant: lourdeur physique et estht qui assimile le corps la pierre. C ne peut se redresser tant armes st lourdes, v1121. Incapacit L pse sur G et les Fs. Topo litt des prires piques se prolongent par lourdes longueurs. Comique Couronnement inspir par sacre de L en 813, tourn en drision. G casse le cou dArns. Nostalgie du pass carolingien tjs pste au XIe. Aix palais dsarticul Rflexion sur archi polit de empire que Ch voulut refonder, v27-35. vocation palais souligne solide relation entre structures et souci de justice. Tableau empreint des souvenirs de ido caro et structures admini cour conues pr favoriser laccs des pauvres en qute de justice. Sagit-il ici de la ddicace originelle de la chapelle ou dune nelle crmonie pr solenniser le passage du pouvoir? passage ds texte du pass au pst. G et Richard, traverse des terres lgres v2056. Sympathie de G pr ses ho, attendrissement. Dlabrements carolingiens Paternalisme ds chanson. Ch met L en garde contre mauvais conseiller tt en se laissant influencer par Arns. Devoirs envers pauvres, orphelins, veuves peuvent surprendre car st abs texte. Pr G co pr L, prsence de Ch lourde, rappels des fardeaux litt qui concernent le hros. Rve G, v289-97 trad Roland: animal effrayant est le vautre qui ds R symb neveu Ch. St Pierre et Rome C est-il humain, quel point ses aspects gigantesques entrent-ils en ligne de cpte. Rflexion sur relation entre Rome et Empire. Conflit avec Gui, pome en finit avec place quoccupe Rome. Sassimilant C et Galafre par offensive, Gui se teint dun gigantisme tyrannique qui se lit ds la (d)composition de son corps: au moment o G lui tranche un morceau de chair long dun pied, pome note que blessure laisse apparatre os, v2581-82; anticipation chute finale, v2605-13. Alourdi par armure, Gui sombre. Qd C fait peur, Gui hsite qd connat identit de G, v2526-32; propose alors un partage. Passage peur du gant son imitation.Ccl Malgr victoire sur Gui, rien ne se rsout en F,moment trouve contrepartie ds rp de B, v2666-74. Rp G parat co cho humoristique de la parole de B, sens allez, soyons srieux. dernier geste de L sera de laisser ester la contrib de son vassal dvou, cho de la manire dt le roi se laisse ester au dbut du texte. Franois Suard, Le mouvement ds le CL, He dir, Lectures du CL, PUR, 2013. Sc douverture, v1-159, ds lieux prestigieux, public, ttes conditions runies pr une crmonie harmonieuse, tt sf prsence du principal hros, G qui chasse. V87 L immature reste immobile. Entre subite de G qui carte Arnes et couronne L. Entre de G par mvt vif, sopp L fig. G un hros en mvt L peut demander G de rester avec lui jusqu son adoubement, v221-23. Au moment o tutorat est ncessaire, G sloigne, laissant L courir des dangers, v248. Abs = vu de plerinage qui date de 15 ans, G est dc en mvt rapide v268, jusqu Rome avec voyage puisant v277, 288. 2me sq v268-1383, mvts secondaires reprs: arrive des messagers v300-07; dmarche du pape au camp de Galafre v447-555; dplacement de G jusquau tertre o Corsolt lattend v892-99; poursuite de GAlafre et son arme v1205-11; rescousse des prisonniers v1319-33. Italie pourrait le lieu o G se fixe en se mariant, v1371-77. Arrive messagers relance le mvt et ouvre sq 3, v1384-2224. Rythme sacclre se diversifie. Il faut revenir en F: dplacement rapide, puisant v1447 vers le Nord ss quon sache o se trouve L. v1452, un plerin lapprend G, il est ds crypte de St Martin. Troupe royale, enrichie de neveux Gaudin et Savari file vers Tours v1501-07. Dlivrance de L, punition dAcelin et de Richard. Mvt se dmultiplie. Nettoyer le Poitou infest de tratres v1983-84: G reste 3 ans (v2011); soumettre au Sud Ouest le Bordelais et le roi Amarmonde (v2020-24), puis au midi Pierrelatte et le roi Dagobert de Carthage (v2025-29), St Gilles et son seigneur Julien (v20032-2038). Se rend ensuite en Bretagne, va jusq Mont St Michel, redescend Rouen, embuscade Lyons-la Fort avec Richard, le fait prisonnier et le livre au roi alors Orlans, v2216-18. Ds 3me sq, G sillonne la F, brivet accrue des laisses souligne acclration du mvt.4me sq. Hros semble vouloir sarrter, v2223-24. Ms arrive de messagers v2226-28 interdit immobilisation G ds espace et retour aux occupations favorites dun noble. Gui sest empar de R et dvaste le pays. G lve une arme et marche. Ap victoire, retourne en F avec L, ne sarrte pas Paris, gagne Montreuil/Mer v2656. G voudrait sarrter, ms v2657-58 // 2223-24: une nouvelle rvolte se prpare, G doit aller Paris pr conduire L Laon. Combat rebelles pdt 1an, oblige 15 comtes faire allgeance au roi, au pouvoir affermi. Sq conclusive se prsente co un rsum.Un mvt crateur du statut hroqueArrive G Aix rompt charme dune squence solennelle, permet G d le hros. Libert, autonomie lors de son dpart pr R. Lutte contre Corsolt: alternance mvt ds combat et immobilit ds dialogue entre 2 adversaires ou prire adresse Dieu. 1re prire prononce alors que les 2 champions st ensemble. G descendu de cheval prie, v687-789; dbat reli et guerrier, v791-897. Plus de 200 vers G immobile. 1re phase du combat comporte 2 assauts successifs de G, v898-974; violente riposte de Corsolt amne adresser Dieu une nelle prire, moins ample v976-1029. Corsolt se met en mvt, charge G, lui inflige une blessure v1041-42. G ne peut plus charger, C a tu son cheval, texte souligne mvt menaant de C, v1070-72. G remporte victoire tranche tte C.G et mvt Rome: sempare Alion, cheval de Corsolt, prend tte poursuite donne aux troupes de Galafre, v1206-10, 1223. 3me sq, vritable tourbillon, partir de la punition dAcelin, v1996 et suiv. pers de G sajuste et se hausse aux dimensions de lespace quil parcourt, traverse, ne peut un seigneur fix. Mvt le met labri de tt enlisement, quil sagisse de celui de lotium ou dun pouvoir territorial qui fasse oublier vocation hroque. Symb de G dt fig stend sur tte surface pays, le hros ne concide pas durablement avec image: ne sera js un autre Arnes.Rome, pr rtablir pouvoir lgitime; Romains ont accueilli Gui lAlld. L et G partent ensemble, opp avant le dpart. V2256 roi lve le ban, guerriers auxquels songe G ne st pas barons royaux, ms pauvres chevaliers galvaniss par appel et promesses de rcompenses, v2255-2274. Rome, mvt du ct de G tandis que L installe le camp et les cuisines, v2282-84. Ne se met en mvt que lors pillage du camp par Romains, mvt du fugitif v2312. Imp des opp, imp symb du couronnement Rome v2249, 51. Il faut assurer cohsion chrtient v2241. Sq ccl G est fig du mvt opp immobilit de L rfugi Laon. Dure contracte: un an v2689, alors quil avait fallu 3 ans pr lexpdition en Poitou, v2011. Mvt de G li accroissement progressif pouvoir L semble prendre fin, autorit du roi assure v2694.Mvt au service de lunit du CL, cohsion et rupturesMvt de G construit et unifie un espace-tps dt il rassemble les pices au-del du dtournement opr par rapport la volont ou loccupation initiale du hros. G tjs au service de L, intrt pers sacrifi sa mission. Espace du divertissement (chasse) ou accomplissement spirituel (plerinage Rome) st runis espaces diff, ds une sorte de dtournement qui est la fois preuve et conscration. Arrach lespace et au tps de la prire pr confronts cx du combat. Arrach espace italien et tablissement fodal et conjugal par appel aide L. pouvoir oscille entre polit et reli. Rupture ds les situations pers ou coll du fait de lcoulement du tps. Rupture ds ex du pouvoir implique vieillissement, point de dpart du texte.Relation entre mvt et rupture qui le provoque concourt lunit et la const du pers de G: tension lui donne plus dpaisseur que ne pourrait le faire la seule mobilit. G nest pas tt entier ds puissance et ds riposte, il est partag entre sentiments contradictoires. Huguette Legros, Le pers de G, ds le CL, entre tradition et innovation, He dir, Lectures du CL, PUR, 2013. Comment lauteur procde pr camper un hros fidle trad litt, reconnaissable, prsentant traits nouveaux, conformes la jeunesse. Aspects de la personnalit. doit conforme un type de hros; lpope met laccent non sur la personnalit des pers, ms sur rapports quils entretiennent avec communauts auxquelles ils appartiennent.lments connus du trouvre et du public Hros st dabord mbres dun lignage rput et valeureux, cf G avant de combattre C qui numre sa parent. Est dabord connu co ho dune famille, dt il doit se montrer digne. Il est cpdt rare quun pers dtaille autant sa ligne; ce dsir est un trait juvnile et un moyen dancrer le pers ds une trad de prouesse et dhonneur. Cf vocation longue de son frre Amer le chtif la fin de son discours, v827-30. Amer a fait le vu de combattre les Sarrasins en Esp et de ne js dormir sous un toit. Rf la lutte de son frre est un moyen pr le hros de se mettre ds ses pas et de rappeler C les desseins et vocations de son lignage. La +part des hros st engags ds liens fodo-vassaliques, ms G nest ni chas, ni mari, cest un jeune ss terre, ss vassaux ni vavasseurs. Totalement dvou la couronne. Libert mise au service du roi L faible, pusillanime, ingrat. Trouvre hrite de ce trait caractristique du pers, par contraste violent, fait de G le type mme du vassal dvou et dsintress. 2 pers st jeunes. Ds chansons, ts chevaliers chrtiens st au service de Dieu et de lEglise. Ds CL, qd G ne sauve pas la chrtient, il se bat pr dfendre R et essaucier sainte chrestient; est exemplaire ds ce rle autant quen fidle vassal; hros pique se df par actions, ignore introspection. Aspect fondamental de G: disponibilit possible par son statut, rle et dvouement assurent unit du rcit. Originalit: confrontation pfs rude entre G, le pape et les dignitaires du clerg, tratres au roi par appt du gain. Chevalier que G incarne devient le pers essentiel sur lequel reposent la cohrence soc et polit de la dfense du monde chrtien. Dbut de chanson, rve prmonitoire, v288-98, le + svt privilge des rois et des saints, mme si partir du XIIe le rve significatif se dmocratise. Pers y gagne le statu de hros et de dfenseur reconnu de la chrtient puisque ce songe lui annonce lattaque des Sarrasins contre Rome. Le destinataire du message divin aurait d tre le pape. Ds rve, G se voit ds une position renvoyant image de majest, v294. Dtail conforte statut que trouvre veut donner G. G couronne L et non le pape souligne aussi ce rleaccord aristo au dtriment de lEglise. G doit identifiable par un public qui le connat par dautres chansons. Pr discerner traits dt hrite le trouvre, il faudrait connatre les chansons circulant ce moment. CL ss doute compos entre 1131 et 1150. Liens avec autres chansons du cycle posent pb de datation du CL et des autres, difficile. Ds CL, certains traits personnalit G st repris, ms jeunesse de G amne pfs le trouvre les inflchir. G = chevalier plein de bravoure ne reculant dvt aucun combat pr protger L, la F ou la chrtient, Bertrand lui reproche de confisquer ttes occasions de montrer sa valeur, v. 2443-45. Conflit entre les juvenes +tt quentre loncle et le neveu. G veut assurer sa rputation, acqurir de la gloire et du prix, mme si il le fait au service du roi et de Dieu, ce qui nest pas le cas des jeunes ds soc XIIe. G sait se montrer sage et rflchi qd situation limpose. Rome: hsite combattre Sarrasins en raisons des forces en prsence disproportionnes. Change davis ap interventions de Bertrand (sindigne) et du pape (indulgence plnire). Sagesse initiale et mesures quil prend, v. 403-432 font de lui un meneur dho, cf tte chanson et mme le cycle. CL insiste sur valeur de G, violence ss doute trait du trouvre. Fougue juvnile et brutale, cf entre ds glise: tue Arns ss remords. Assume choix qui st froces: refuse que Bertrand tue Acelin avec son pe et utilise un pieu pr excuter le tratre. Sauvagerie ne le discrdite pas, se justifie au nom de lhonneur, v1927-28. Tue les tratres dun coup de poing fameux, cf Fierebrace. Id pr Richard de Rouen, v1957-64, ms ss le tuer. Excs du hros ds certaines chansons, chos ds CL: v870, 1869, 1889, 2248, 2418, 2665. Issue combat contre Gui lAll, le jette ds le Tibre v2610-11; geste peu chrtien. Cpdt G respecte valeurs chevaleresques qd adversaires nest pas flon: laisse vie sauve Galafre, aux chevaliers de Richard le Roux et un de ses vassaux car demandent grce (laisses XXX, LV, CVI) Ruse, capacit de ngocier si ncessaire peu exploites ds CL. G ne se dguise pas, seul subterfuge pr entrer ds Tours: se prsente au portier co partisan de Richard de Rouen et dAcelin; mensonge sert dvoiler fidlit de son interlocuteur au roi. Ne ngocie quune fois, qd laisse vie Galafre pr obtenir libration Gaifier et captifs. Choix trouvre judicieux: fougue de la jeunesse. Autre trait constitutif hros ds chansons: foi sincre et profonde. G assiste la messe, v249, 317, 326; voque plerinage v230-35; protge de St Gilles contre le pillage, v2033-35. Signe pit est totale confiance en Dieu qui sexprime lors combat contre C (prires de G + certitude que Dieu laidera), v688-790, 974-1029. G en prire: v336-39, 956-7, 1678-82. Respectueux ho de Dieu. Tours, malgr colre et indignation de la trahison mbres clerg pr argent, G ne les fait pas pendre, se contente de les battre avec laide des chevaliers qui laccompagnent, v1755, 1771-73. Se rjouit raction clerc Gualtier, prt prendre sur lui le pch dhomicide du monastre, v1700-01. G est assez sage pr rsister aux tentations de sa nature fougueuse, sait aussi reconnatre fidlit de ceux qui ont protg L. Jeunesse du hros, traits. Qd quitte Aix, Charles lui confie 60 chevaliers, Rome prend tte marche ho du pape. En F, 2 fois, au nom du roi convoque barons chevaliers v1996-2000, 2255-2267. Sait sadresser aux bachelers, propose L de leur donner de largent v2261-2262. Ne recule pas dvt pillage pr enrichir arme leve (pratiques usuelles) car comprend dsirs jeunes chevaliers pauvres pr qui guerre est un moyen de survie. Chef de guerre, mne 3 combats singuliers longuement relats; lecteur a impression que G affronte le plus svt adversaires en duel. Parti-pris narratif dnote engagement individuel conforme au statut et lge de G, cest pr trouvre moyen pr suggrer exceptionnel dvouement et remarquable courage de G. Ne cde js au dcouragement, assurance ds russite combats. Volont, voire dsir de se battre ss relche, daccomplir ses devoirs, de prouver sa valeur, souci de juvenis la recherche dune riche hritire, transpos ici, idalement ds service dsintress du roi et de lEglise, v2213, 2253, 2674. Exprime aussi rves de chasse, tend humaniser fig du vassal exemplaire, v223-24, 2657-61. Bravoure teinte daudace. Contre Corsolt, jette bouclier qd croit avoir vaincu, v.1127-29; imprudence. Se comporte avec lgret. Traverse terre de Richard de R ss prcautions alors quil a tu son fils laisse LI; lgret souligne par narr v2056-59 a aussi pr cause confiance que G accorde la parole donne puisque les 2 ho avaient chang un baiser de paix, signe de rconciliation. Rude franchise de ses discours rvle sincrit et fougue propres jeunesse. G insulte L 2 reprises, brutalit. Roi pleure car Gui a envahi Rome, v2170; recommence Rome, v2338. Fait la leon au pape et rponde par propos ironiques, v575-579, v585-86. G condamne largesse indulgences du pape; dgradation pers pape rehausse mrites de G.Invention et originalit Trouvre semble vouloir camper un pers diff des hros piques (G +humain) trad, joue sur +sieurs registres. G manie lironie et se retrouve ds situations comiques. Raillerie envers pape, drision envers adversaires. Sadresse au cadavre dArns. Sarcasmes: qd a coup morceau hanche Gui, commente son exploit v2585-86. Promet Acelin une couronne, v1910. Comment blessure que C lui a faite, joyeux, propos pleins de panache, v1159-60. Situations comiques. La + reprsentative vient ap victoire de G sur C, dun point de vue narr, sorte de dtente ap combat. Prend pe C, trop longue v1092, doit pendre aron selle, triers id. sc pittoresque humanise G, fait ressortir son mrite davoir vaincu C. au dbut contre Arnes, comique affleure ds opp entre bonnes intentions de G, soulignes par emploi dun style noble v126-27, et le rcit du coup quil assne presque maladroitement au traitre. Tonalit quasi burlesque conforte par discours de mpris et oraison funbre dsinvolte que G adresse au cadavre. Trouvre hrite du surnom de G au court nez, mais a habilet de le justifier. Qute du nom thme de la litt romanesque 2me XIIe (cf Perceval qui trouve nom au terme dune qute qui est aussi celle dune identit individuelle acquisse grce apprentissage). Hros pique demble identifi co ho dun lignage, aussi G se donne-t-il un surnom en interprtant positivement la mutilation de son nez qui pourrait tre perue co marque dinfamie, v1157-60, sest alors lui-mme baptis v1162-64. Mot guerrier conforte transformation dune blessure ridicule et infamante en caractristique glorieuse, emblmatique de vaillance et prouesse du hros. Hros en devenir G se nomme car par le nom connat-on lho (Perceval). Gagne identit qui le diffrencie de ses frres. Auteur sait reprendre caractristiques dun pers connu du public tt en le dotant de traits qui lindividualisent et qui font de lui un jeune chevalier. Use de diffts procds pr faire de ce pers type un juvenis, souligne son imptuosit ds comport co ds paroles. Campe un hros proche des bachelers, encore plein dune assurance insouciante, pfs imprudent, voire inconsquent, tjs prt livrer bataille. G se distingue par une ironie tantt sarcastique, tantt malicieuse. Guillaume d'Orange, Guillaume Firebrace, ou Guillaume au court nez, est la figure centrale d'un des trois cycles de chansons de geste selon la divisio n t radit io nnelle, celui de Garin de Mo nglane. Chro no lo giquement , l'act io n de ce cycle se sit ue au dbut du rgne de l'empereur Lo uis le Pieux. Guillaume devient dans l'imaginat io n des jo ngleurs le pro t ect eur de l'empereur et le hro s de la reco nqut e chrt ienne en Espagne. Le Couronnemnent est une des chansons qu'on trouve l'origine du cycle. Guillaume est d'habitude accompagn par ses frres ou ses neveux (Bertrand dans le Couronnement), auxquels on consacre aussi certains pomes: Enfances Vivien, Chevalerie Vivien, Le Sige de Barbastre, La Prise de Cordes. Autour de la figure de Guillaume on dveloppe aussi des pomes consacrs son pre, Aymeri de Narbonne, et son aeul Garin de Monglane; aux pomes de la "chevalerie" ou poque active du hros on ajoutera les pomes des enfances et ceux de la vieillesse (Moniage Guillaume). Le cycle de Guillaume crot autour de cette figure centrale suivant le mme dveloppement que le cycle de Charlemagne (ou "Ppin").Guillaume est un hros populaire:plusieurs des chansons tardives de son cylce appartiennent au genre hro- comique, une direction que est peut-tre annonce dans la simplicit du personnage, son franc parler, son habitude d'user ses poigns (de l le surnom populaire "firebrace") et sa physionomie pittoresque, "au court nez", pour laquelle le Couronnement de Louis fournit une explication qui est d'ailleurs toute faite, parce que le nez de Guillaume tait l'origine "corb". Dans ce pome, et toujours sans tre une figure raide et solennelle, Guillaume devient un symbole de fermet et de fidlit fodale.ne fait que renforcer l'ordre sous prtexte de le pervertir.D'un bout l'autre, le pome est construit sur l'opposition de deux personnages: d'un ct le roi faible, trop jeune, un roi "enfant" au sens mdival du mot (il a 15 ans lors de son couronnement), un adolescent qui narrive pas sortir de ses enfances, car ds le dernier pisode, il est encore appel lenfant, tant il est pusillanime; de lautre ct, le vassal gnreux, nergique, loyal, linfatigable, protecteur du souverain. Ici, co ailleurs, G est le chevalier typique, la force et au courage surhumains. Chaque pisode met ce contraste en valeur, lavive, en varie les aspects.Le pome exalte la mission confie par Dieu au roi de France. Celui-ci doit assurer l'ordre et la justice dans son royaume et dfendre la chrtient menace. Pour le roi, dbile, Guillaume prouve une piti humaine mle d'impatience et de mpris. Mais il ne sert pas seulement son roi. Il combat aussi pour une ide, pour une royaut idale et une dynastie lgitime, qui symbolisent l'unit et la grandeur de la nation. Il combat pour un principe, l'hrdit de la couronne et le code de l'honneur fodal. La fidlit de Guillaume Louis n'est pas simplement la fidlit d'un homme un autre; c'est la fidlit d'un homme un ordre de valeur.D'pisode en pisode le thme politique se diversifie.Le principe de la monarchie hrditaire se heurte surtout l'hostilit des grands seigneurs fodaux. Mais ces rebelles trouvent des allis parmi les gens d'Eglise: clercs, chanoines, vques, abbs, trop prompts trahir par cupidit le roi lgitime (Couronnement, vers 1692-1694). En revanche, d'autres cclesiastiques lui restent fidles: le clerc Gualtier, l'abb du monastre Saint-Martin Tours.Au nombre des loyalistes figurent aussi des personnages secondaires qui reprsentent les petites gens: le plerin rencontr dans la Brie par Guillaume (vers 1450) ou le portier de Tours (vers 1529-1655). On sent qu'un lan de fidlit monte des couches profondes de la nation en faveur de la monarchie contre les tentatives d'usurpation.L'auteur du Couronnement chante la jeunesse du hros encore sans terre, sans fief, sans dame et sans cit, entirement libre de se dvouer au service de la royaut. Il remplit admirablement sa fonction du hros reprsentatif. Jamais il ne se trouve en conflit avec lui-mme sur le choix de son vritable devoir. On entend ou l'on devine parfois un regret, un soupir. Guillaume ne renonce pas sans tristesse pouser la fille du roi Guaifier ou chasser "en bois en rivire". Mais son regret est vite rprim. Aucun autre hros peut-tre dans l'pope mdivale ne donne pareille impression de rectitude et de lucide lan, de "force qui va" vers un but librement dtermin.Pour caractriser davantage son hros et lui donner plus de relief, l'auteur use de procds simples; l'un des plus frquents consiste rpter le mme motif ou le mme trait qui reste constant malgr le changement des situations. Par exemple, le loyalisme dsintress de Guillaume ressortira d'autant mieux qu'il rsistira plus souvent aux tentatives de sduction. Chaque fois en effet qu'on cherche le dtourner de son devoir envers sa foi ou son roi, chaque fois il refuse en termes peu prs semblables. La rptition d'ordre psychologique se double d'une rptition stylistique. Par exemple, Corsolt promet "onoret richet" Guillaume si ce dernier veut adorer Mahomet ; pareille offre n'est accueillie qu'avec un sarcastique mpris. A la fin du deuxime pisode, on offre Guillaume la succession du royaume de Rome, mais il y renonce pour pouvoir aider Louis. Plus tard, il couronnera Louis Rome, renonant donc la royaut mme pour honorer son seigneur.Toute l'action du pome, le rle entier de Guillaume, projettent la plus vive clart sur les devoirs des vassaux: fidlit la couronne, dvouement et renoncement de soi dans le service d au roi. Si la royaut traverse une crise dramatique ainsi qu'il arrive la mort de Charlemagne dans le Couronnement, le vassal nergique et loyal se substitue au souverain dfaillant pour accomplir sa mission sa place et dfendre le trne avec un dsintressement total contre les usurpateurs. Tant d'nergie ne plat pas Louis, qui ne sait peut-tre pas apprcier la diffrence entre tous ces grands seigneurs qui se substituent lui,qu'ils s'appellent Guillaume ou Arnes.Les derniers vers du pome sont intressants:mdival du mot (il a quinze ans lors de son couronnement), un adolescent qui n'arrive pas sortir de ses "enfances", car dans le dernier pisode il est encore appel "l'enfant", tant il est pusillanime; de l'autre ct, le vassal gnreux, nergique, loyal, l'infatigable protecteur du souverain.Ici comme ailleurs, Guillaume est le chevalier typique, la force et au courage surhumains. Chaque pisode met ce contraste en valeur, l'avive, en varie les aspects.En un an il [Guillaume] malmne t ant les rebellesqu'il oblige quinze comtes venir la couret qu'il leur fait tenir leurs fiefs de Louis,le roi charg de veiller sur la France.Puis le comte lui donne sa soeur en mariage.Ainsi Louis entra dans une famille de grands barons.Quand il fut puissant, il n'en sut point gr Guillaume.(2689-2695)Guillaume s'est substitu au roi tel point que c'est le roi qui est honor quand il entre dans une famille de grands barons.Fonctions de G G est un modle, celui du preux chevalier franc, modle chevaleresque avec points communs avec Roland: irascible, ttu, courageux, force surhumaineVassal dvou et fidle, malmne le roi et le conseille, lui rappelle ses devoirs. Claude Larchet, Qques chos structurants et signifiants ds le CL, He dir, Lectures du CL, PUR, 2013.Homognit autrefois conteste, certains considrant quil ny avait que juxtaposition de branches indpendantes.5 branches de longueurs variables1 v1-271 Couronnement de L Aix2 v272-1449 Combat contre Sarrasins et duel entre G et C Rome3 v1450-2222 Lutte contre les rebelles regroups autour dAcelin puis de Richard de Rouen4 v2223-2648 Affrontement entre Fierebrace et Gui dAllemagne Rome5 v2649-2695, Epilogue ou incessante rpression des sditions. Unit chanson lie omniprsence de G: en tant quacteur (isol ou inclus ds groupe), locuteur ou allocutaire dsign (figure ds 1591 vers sur 2695). Facteur de cohrence: pers antithtiques, majeurs ou secondaires, autour desquels slabore la narration. 1er pisode: Charlemagne vieilli ms encore autoritaire, sage et majestueux; Louis faible, terne, timor; tratre Arns prt semparer de la couronne; inertie de L, tentative dusurpation du pouvoir par un tratre, action dcisive envers flon et fils de empereur: v163-65, 170-74, 179. Ap cet pisode, couronne porte par L obsde nbre de feudataires. la mort de Ch, plusieurs rebelles veulent le dtrner et couronner sa place Acelin, fils de Richard de Rouen, v1398-1400. Acelin mprise L, voc pjoratif: garon boton, trouve dc naturel de prendre couronne, v1816-18. Qd G apprend complot, les menace de mort en transformant la couronne en arme vengeresse, v1512-14. G reprend propos comminatoires en sadressant ironiquement Acelin au moment o il senfuit ap dfaite de ses compagnons vaincus, v 1907-10. Bertrand implacable, mme si la cervelle ne descendra que jusq la bouche, v1920-22. G rappelle Acelin avant de le tuer quil ne peut tre couronn car son pre ne la js porte. Q hrdit couronne, on est roi par la naissance, v1913-15. G pacifie le Poitou puis, prs de Bordeaux triomphe du roi Amarmonde quil contraint devenir le vassal de L, pouvoir symb par autre couronne, v 2023-24. Couronnement le plus imp narr ds 2 dernires laisses. Aix, Ch avait prvenu son fils quen devenant roi, il deviendrait aussi emp de Rome, v72-73. Lors duel contre C, G proclame lgitimit empire, v885. Dvt Gui lAlld, R plus revendique co une ralit caro, ms co rve de royaut captienne, souhaitant reprendre suprmatie impriale perdue depuis naissance du St Emp romain germanique et couronnement en 962 dOtton 1er emp de R, v2521. Grce victoire sur adversaire, G peut poser la couronne sur L, 2642-45, 49-51. Accomplissement destine L et glorification du chevalier. Ce nest pas le pape qui couronne co le fit Lon III en 800 pr Ch. G le fait, co sil voulait signifier que seule chevalerie est digne de confrer cet honneur. L qui tergiverse est menac par Ch dtre coronez, v1749 ie tonsur. L couronn 2 fois par G, au dbut en tant que roi, la fin en tant quempereur. Tt au long du rcit G au service de son seigneur quil protge face ts ses ennemis aux dpens de sa propre existence. Abngation de G Dvouement ill par reprise mme priptie: arrive messagers porteurs de mauvaises nouvelles. Contraignent G renoncer sa vie pers: voyage, mariage, loisirs, repos pr secourir royaut et chrtient. Bertrand joue dabord le rle en linformant, de retour de chasse, des menes subversives dArnes. En plerinage, G rejoint par 2 messagers qui, la fin de la messe, lui apprennent ravages des Sarrasins Capoue. Rebondissement mis en valeur par tech enchanement reliant fin laisse XV et laisse XVI, v. 322-29. G suspend son voyage pr rpondre lappel du pape. Ap avoir vaincu C et Galafre, dlivr 30 000 captifs ds le roi Guaifier, est sur le point dpouser sa fille qd 2 cavaliers annoncent pril que court L menac d dtrn par vassaux rebelles (v264-67 G avait promis son aide L). crmonie nuptiale interrompue, G abandonne qute indiv du bonheur, voire tte marque de vie pers. Le sort de L lemporte, v1384-89. Auteur insiste sur nelle en la reprenant la str suivante, v1432-36. Dernier vers cit rpte exactement le v329. Mauvaises nelles se suivent et se ressemblent, entranant des sacrifices imp pr G. 4me pisode souvre sur apparition messagers, venant de Rome, v2223-28. Allure rapide, puisement chevaux traduisent urgence. Averti quap mort de Guaifier, Galafre et du pape, Gui lAlld en a profit pr semparer de Rome reste ss chef; G rassemble aussitt 50 000 ho. V2226-28 reproduisent la structure et formulation des v1382-84. V2223-25 presque repris littralement ds dernire laisse, v2657-59 qd messager vient troubler G cptant se dtendre Montreuil/Mer. Rvle insurrections des Fs qui dvastent territoire, v2657-2664. Verbe cuider montre que attente de tt divertissement illusoire. G nez coup par C, preuve physique de son abngation, blessure devient sa fiert, insigne glorieux dvouement, emblme de son renom et le prolongement de son nom, v1164. Affrontement avec C a suscit inquitude mbres de son lignage, v1154-1158. Mme sc lors duel contre Gui lAlld, 2 neveux G terrifis par bataille, v2622-26. Analogie vers traduit le fait que G risque sa vie pr dfendre intrts du roi et de la chrtient. Pote use 3 fois motif mle pique avec vision dens: formule dictique, subst estor puis desc dommage avec reprise intensif tant, v1212-13. Combat opp ho dAcelin cx de G, v1895-97. Sattarde sur bataille entre Fs et Alld, v2332-35. Progression numrique nbre vers de ce topique traduit peines et souffrances croissante quendurent G et les siens pr vaincre les flons. Chansons sur la trahison et le loyalisme Trahison est lun des thmes majeurs, cf, varit chp lexical, occurrencesBoisier: trahir v119, 136, 208, 1971.falser: tromper v1763mentir, v1688trar, v1477, 1971, 2535failli: lche, sournois, v1699false: faux, mensonger, perfide, v35, 80, 176felon: v969, 1001, 1003, 1019, 1024, 1031, 1058, 1186losenges: fausse louange, flatterie insidieuse, tromperie, v101, 139losengier: pers flatteur, mdisant, dloyal v111, 1186, 1266, 1329, 1545trason v66, 393, 999, 1422, 1607, 1751, 1775, 2073tratre, trators, v1476, 1614, 1984.Locution bastir/comencier mal plait au sens de ourdir un infme complot, v1482, 1694, 1877. Tratrise bien partage car flon chez Sarrasins et chez chrtiens. On ne sait, cf narr si engagement solennel sera tenu ou viol ou si ho qui prtent serment seront parjures, v2646-48. crivain tire leon moral et polit +tt optimiste ds mesure o tratres st chtis: Arnes aux cervicales brises,dcapitation C, massacre des flons en fuite (v1131-36, 1211-1221). Reli chasss glise, v1772-74. Acelin tu grce pieu aiguis, v1935-39. Richard abattu dun coup de poing puis tonsur, v1959-67; jet en prison o il meurt de chagrin et de lassitude, v2218-2222. Gui succombe le buste tranch en 2 et jet ds le Tibre v2605-2611. Pote affirme que trahison est prjudiciable, v1775-76. G se dresse presque seul face ts, lutte contre fourbes, rsiste aux tentatives de corruption. 2 fois rejette proposition de C de renier sa reli en change de terres et de richesses, puis celle du pape qui le charge de confier la garde de Rome au nouveau converti Galafre (G rappelle que cest rle de L). refus proposition Gui de partager royaume Rome en 2, v2535-36. pilogue, Bertrand lass de attitude L suggre de labandonner, refus G, v2673-74. Fidlit absolue G. ttes qualits dun bon roi, cf vertus que Ch veut inculquer L: vaillance, sens justice impartiale et implacable, intgrit, capacit de conduire arme et conqurir territoires sarrasins, souci servir Eglise et de se montrer farouche face orgueilleux. G est bien le chef de guerre incorruptible et impitoyable, v1931-33. Comparaison avec lopard, v2175-76, cpagnons de Richard pense quil mriterait la couronne. Cpdt couronne est hrditaire et non pour le plus vaillant. Ccl CL texte destin aux barons, chevaliers, bacheliers. Auteur prsente ex ne pas suivre, dpeint pers royal indigne, propose un modle de bravoure dabngation et de loyaut: G. G reste sa place: serviteur sacrifiant sa vie. Ce qui cpte cest dfendre avec aide Dieu ordre tabli, protger et fortifier monarchie hrditaire de droit divin. Devoirs vassaliques, repris ds Charroi.Dorothea Kullmann, Le prologue du CL et le motif du vilain jongleur, He dir, Lectures du CL, PUR, 2013.Passages se rfrant situation de performance o jongleur sadresse auditeurs. Prologue, locuteur la 1re pers sadresse auditeurs: seignor, seignor baron. leur propose dcouter oiez, or sa chanson en vantant mrites et en critiquant vilains jongleurs. au milieu de la chanson, v1375-83, public apostroph; locuteur annonce que la suite viendra avant le soir. Longueurs des 2 parties chanson ainsi dlimites pourrait correspondre dure dune performance relle. Lune des chansons les + anciennes, pourrait conserver qqch forme chansons orales qui ont pu prcder chansons de geste crites connues.On peut supposer quil y a eu 2 sances en 1 journe. Le public ne serait alors pas de passage ds la rue ou sur la place du march. Suspense annonce sefforce de retenir ou de faire revenir auditeurs. G est sur le point de se marier, inquitude des auditeurs, intervention jongleur prsuppose connaissance autres chansons.Prologue: 2 5 1res laisses. Articulation laisses: Apostrophe public suivie annonce chanson estoire de ses qualits et son sujet. Laisse 1.Reprise annonce chanson, prsente comme exemple, vocation ex hist Ch, meilleur roi du meilleur royaume. Laisse 2Leon hist gale tirer de ex, maxime hist gale qui saccorde avec ex de Ch. Laisse 3Narrateur effectue glissement vers tps et situation du rcit, tt en insrant rflexions gales. Laisses 4-5. Ens cohrent attribuable un auteur clrical qui, tt en adoptant registre formel et stylistique pope, insiste sur caractre srieux de uvre. V2, 26: rapport avec lhist, annonce ex qui implique intention didactique et invite la rflexion polit (v33-35, 43 diff entre pass et pst). Tte chanson en contradiction avec maxime laisse 3 impliquant une problmatisation: G dfend lgitimit L, bien quil soit prsent co incapable. Auteur devait rudit, coulant rflexions hist et polit srieuses ds moule dune chanson pique pop. Mlange dune litt orale pop (forme mtrique, reprises, formules, apostrophes) avec lts issus de litt crite et rudite Motif du vilain jongleur Variantes selon les mss. Locuteur (auteur ou performant) voque possibilit quune autre pers, ainsi qualifie, pourrait prtendre faire entendre sa voix, ce quil critique. Critique suit apostrophe au public et annonce qualits chanson, v1-5.1re interprtation: Le vilain pourrait vouloir chanter une chanson sur le mme sujet, critique dun ou +sieurs rivaux dnigrs pr mettre en vidence ses capacits suprieures. Interprtation trad qui interprte prologues co lt typique qui prouve performance orale chansons geste, percevant ds locuteur que le performant. Auteur prologue insiste sur aspect clrical, rudit, soulignant lien avec hist srieuse, ie crite et un ex vhiculant une leon imp. 2me interprtation: critique des jongleurs en tant que tels, cx qui chantent chansons pop en lgue vernaculaire, ss rudition ou srieux de lauteur CL. Locuteur pourrait sidentifier auteur ou qquun qui lirait hte voix un mss ou un performant fier davoir appris une chanson partir dun texte crit et qui se croirait sup au commun des jongleurs. Quel est dc le sens de ce motif que lon retrouve ds de nbreuses chansons postrieures; CL plus ancien ex. Vilain jongleur est aussi celui qui chante ss invite, v5. Fiert de qquun qui travaille pr un commanditaire et qui voudrait se dmarquer de ts jongleurs ss attaches qui chantent selon envie. Dnigrement de tte la classe, dt narr sexclut. Dominique Boutet, Le rire et le mlange des registres: autour du cycle de Guillaume dOrange, Mathieu-Castellani, G. dir, Plaisir de lpope. Vincennes, PUV, 2000, pp. 42-53Pour quun hros soit burlesque, faut-il quil soit dgrad? Lesthtique du rire doit-elle reposer sur cette dgradation?Le cycle de Guillaume repose sur la combinaison du comique et de lpique, qui atteint Guillaume et ses opposants. Quelle en est la signification? Source et nature du rire ds ce cycle. Rechercher la justification esthtique et idologique de cette prsence, pfs encombrante, qui contribue au plaisir du texte.Guillaume et Rainouart st comme des reprsentants de lune des orientations de la fonction guerrire chez Hracls et Thor. Pr Guillaume, le rire la bosse sur le nez (court ou courbe selon les chansons), lusage de ses poings, son surnom Fierebrace, son apptit; sa vigueur physique presque monstrueuse, sa massue, son intelligence limite et ses accs de fureur aveugle, tueur de dmons, norme apptit pour Rainouart. Lun des frres de Guillaume, Amer, et son neveu Vivien incarnent le type reprsent par Achille et Odin. Structure mythique et idologique associe troitement Vivien et Rainouart. Burlesque de Rainouart appartient la structure originelle, renvoie au mme fond mythologique que le srieux de Vivien et son martyre. La veine qui plaisait au public a ensuite t exploite ds dautres textes. Ladaptation du vieux mythe, o tous les lments faisaient sens, ds le contexte nouveau de lidologie chevaleresque du XIIe sicle, o ils deviennent incongrus, engendre le comique. Voir Hracls qui avait, ds la Grce antique, fait lobjet dune rcriture comique, ds lIliade et ds les Grenouilles dAristophane. Enfances Vivien, rire se dploie stt ds pisode de lducation du jeune hros, enlev sa famille, chez des bourgeois: comique social et idologique. Enfances Guillaume, rire se concentre sur lpisode des Jeux dOrange, srie denchantements burlesques et terrifiants que la Sarrasine Orable dclenche le soir de ses noces. Comique tient deux facteurs: nature apparemment loufoque des apparitions, ridicule de la victime. pisode transpose ds un dcor pique le modle folklorique du charivari. Charroi de Nmes, stratagme issu du folklore: Guillaume se dguise en marchand pr prendre la ville quil convoite. Neveu du hros, Bertrand, dguis en paysan embourbe son chariot par incomptence. Celui qui est lev est rabaiss non pr le dtruire, mais pr le dgnrer. Cohrence de type carnavalesque avec boue comme lment scatologique. Aliscans, truculence gnreuse de Rainouart fait contrepoint lgosme intress de Louis et des courtisans, qui se dtournent de Guillaume. Moniage Rainouart et Moniage Guillaume. Association de type carnavalesque et folklorique, entre le gigantisme et la nourriture ts dvelopps. Scne comique du Moniage Rainouart o le hros interpelle un crucifix en le prenant pr un homme. Ds les 2 Moniage, satire antimonastique est combine avec une inversion de type carnavalesque. Fte concept fondamental du cycle. Joie du combat et fte aristocratique. Esthtique de la vitalit. Topos de la pusillanimit de Louis li au croisement de motifs bibliques et de schmas indo-europens, participe la mise en place dune rflexion sur le pouvoir. Bon nbre dpisodes comiques st traits en recourant aux techniques dcho caractristiques de lart de la chanson de geste. Recherche de type parodique, volont dintgration des schmas comiques au discours pique. Rception: culture pop de la place publique, comme la performance orale des jongleurs dt la fonction est de souder la communaut ds un lan dynamique autour dune voix et dune idologie. Un gd nombre de chansons de geste de la 2me moiti du XIIe visent entraner les ho, guerriers professionnels ou non, vers la croisade. Bakhtine, culture comique universelle, soppose au srieux qui isole les groupes sociaux. Rle du rire ds une entreprise qui vise retrouver universalit indispensable la sauvegarde du mythe de la croisade. Norman Daniel, Hros et sarrasins, une interprtation des chansons de geste. CerfInfos relatives au Couronnement de LouisDestrier roi Corsolt, cheval sauvage ms crdible. Il tait merveilleux de voir ce cheval si sauvage, si peu matrisable, comme me lont dit ceux qui lont vu, que seules les pers quil connaissait pouvaient sapprocher moins de 2 mtres. Portait un norme poids darmes, mais Dieu! Quel cheval pr celui qui pouvait le matriser! Qd il courait, ni le livre, ni le lvrier ne pouvaient rivaliser avec lui. Guillaume dcide davoir ce cheval et, en combattant Corsolt, il pargna le cheval autant quil le put, parce quil pensait que, sil pouvait lavoir, il pourrait alors sen servir. Qd il tue Corsolt, il prend le cheval, et rentre Rome dessus, v. 644-58, 1096-98, 1147-50.Couronnement contient de nbreux dialogues peu ordinaires, dt une trange tirade contre Dieu de la part du roi Corsolt, conqurant de Rome, qui dit au pape que Dieu la ennuy plus que quiconque au monde. Dun coup de tonnerre il a tu son pre, qui est mont au ciel et qui nen redescendra pas. Cest pourquoi Corsolt se venge sur les chrtiens, et sur les clercs en particulier, v. 522-543. Cela ne correspond rien de ce quun musulman pouvait tre raisonnablement amen dire, et il est peu vraisemblable que ce pote ait pu croire quun musulman puisse le penser. Le comdien qui est en lui occupe une telle place quil nest pas facile dtre sr de ce quil veut dire, ms il pourrait sagir dune plaisanterie sur la religion, ou de lexpression dun vritable blasphme bucolique. On dirait que le pote a pens que les Sarrasins pouvaient raisonnablement ressentir une animosit particulire lencontre des clercs, ms lessentiel du passage concerne les chrtiens et est mis ds la bouche de Corsolt par commodit. Tte haine semble tre fruit dune convention, elle apparat co formalise, presque ritualise, sf l o il y a une raison pressante et naturelle pr quclate la colre personnelle.Les lacs ne st pas insensibles la nelle doctrine des indulgences lie la croisade; elle semble satirise ds un dialogue du Couronnement, ds le passage o Guillaume sentretient avec le pape, qui pr obtenir sa participation au combat, lui offre de la viande ts les jours, autant de fe quil le dsire, labsolution (quites) de ts les pchs de sa vie (sf trahison) ainsi quune place au paradis: Mon Dieu! dit G, aucun clerc na fait preuve dune telle gnrosit頻, v. 396-97. Sil est pfs difficile de discerner une plaisanterie une poque lointaine, celle-ci ne fait aucun doute. Doctrine des indulgences ne se serait ss dte js dveloppe si la mort au cours de la croisade avait t lquivalent du martyre. Ds plusieurs pomes, des chrtiens disent que Mahon nest pas un dieu ms un faux prophte. Bref passage o sexprime une controverse malveillante, et ailleurs, de rapides allusions lhist bien connue. V. 845-53: il fu prophete Jhesu omnipotent. Chrtiens et Sarrasins saccordent pr une confrontation qui permettra de savoir si Mahon ou Dieu gouverne le monde. La forme la plus labore de cette dispute serait ds Couronnement. Corsolt dit que Dieu est en haut, par-dessus le firmament, ici-bas sur terre il na pas un arpent. Il prvient le pape que lui et Dieu doivent mettre leur litige lpreuve: Dieu a les cieux, ms le pape possde la terre, et Corsolt doit en prendre possession par la force (et tuer le clerg), v. 522-40. Frappier voit une doctrine cathare peu identifiable cpdt. Antiquit paenne revendique lint de la convention Tervagant: roi Galafre, ap avoir pris Rome et expuls le pape, revendique lhritage de ses anctres, Romulus et Jules Csar. Auteur a laiss son imagination jouer sur lunit de cx qui ntaient pas chrtiens, content de reconnatre aux Sarrasins un certain droit moral. Voir v. 461-69.Noms grecs et bibliques cohabitent, cf puits de Baratron, Belzbuth, Nron, v. 986-87.Corsolt, neveu du roi Galafre, dit quil va tuer Guillaume ds le tps ncessaire pr dresser la table du dner. Guillaume commence une prire et Corsolt se moque de lui parce quil est assez fou pr croire en un dieu qui, en fait ne lui vient pas en aide: messes, sacrements et mariages ne st que du vent, v. 841-43. En rpondant cela que G raconte lhist de mahon prophte de Jsus qui tourna mal. Christianisme est pure folie et Corsolt se met prier Mahon, plus brivement que G. Corsolt russit couper un bout du nez de G, ms il saisit sa chance et en finit avec lui qd il essaie de regagner la table tps. Corsolt sest montr hostile et impnitent jusquau bout. Chrtiens romains menacent St Pierre de ne plus dire de messes ds son glise si le champion meurt. Clbre prire prononce par G, provoque la discussion avec Corsolt. Rf obscure la rsurection de Ste Anastasia par lenfant Jsus et Longinus centurion de la Crucifixion, v. 695-789, v. 730-732. Le pape donne une image confuse de lEglise romaine qd offre G en guise de gages autant de nourriture, de fe, de pchs quil le souhaite pr la vie, v. 391. G confie labb de St Martin de Tours, il sera aussi bien gard que les reliques des saints promet labb, v 1994. Christophe Lucken, Les Sarrasins ou la maldiction de lautre, Mdivales, 2004, n46, pp. 131-144.Question de laltrit au MA. Quelles relations lEglise et la soc chrtienne ont-elles entretenues avec cx qui leur taient trangers ( lint et lext des frontires), quelle rep sen sont-elles faites?Autres religions: judasme, croyances considres comme hrtiques et plus particulirement lIslam. Invasions arabo-musulmanes auraient t prvisible selon pseudo-Mthode ds un texte de 692: rpondraient un principe de causalit qui en prdtermine lexistence et permet den expliquer la nature. Si le peuple chrtient parat devoir sincliner dvt une violence ennemie, cela rsulterait de la volont de Dieu et rpondrait son projet. Construction dune image polmique des Sarrasins commena avant lessor de lIslam. Perception des musulmans sappuie moins sur lIslam que sur les prconceptions chrtiennes de lhist et de la gogr divine. Ie, qd les chrtiens du Ma se penchrent sur lIslam, ils le firent travers le filtre de la Bible et dauteurs tels quEusbe, Jrme, Augustin et Isidore de Sville. Avec les croisades, la pointe du combat contre les Sarrasins se dplace au nord des Pyrnes. Chansons de geste, telle Chanson de Roland assimilent les Sarrasins aux paens du monde antique dt les cultes paraissent destins des statues, religion considre co une forme didoltrie.Mot Sarrasin entr en usage ds Ant grecque et latine, signifiait Arabe. ap lessor de lIslam et tt au long du M, les auteurs savants et les historiens employaient sarrasin ds le sens d arabe ou de musulman. ds chansons de geste, auteurs ne pouvaient avoir une vritable connaissance du monde arabe ont cr un monde limage du leur.Cpdt Sarrasins ont tort et ne st pas chrtiens; ils relvent de limagination et servent rep de faon conventionnelle lennemi que doivent affronter les hros, quils soient romains, arabes ou de tte autre origine. Les Sarrasins de ces textes ne refltent pas lattitude officielle chrtienne thologique et polmique envers les Arabes et les musulmans, ces Sarrasins ne seraient que des cratures de fiction. Chansons de geste nauraient aucune implication idologique ou polit, ni aucun effet sur le lecteur et sa rep du monde. Est-ce si vrai que cela?"#78K`R Z .3!iqa} $*hm5Fos Q[<YxW[  hIhIhIhI56hIhI5mHnHsH uhIhI5jhIhI5UP9abc./X  v6|A "#&&''v} !!""Y$m$%%*&3&'(('(l,n,C.F.00n0{0022>2C2c2h2222233I3N344s4x444#888888999:::9;G;T;U;;==G>_>p@@A BDDEF#F0FBFHFFFOGbGGGhIhIH*hIhI56hIhI5 hIhIX'''((()+-...0/00010000469T::T;U;;<D===gdI`gdI===>>F>G>_>@o@p@@AA BaBBDDDEE0F1F#GNGOGbGHyHGGGEHIHmHvH{H~HHHHHHH-I5IYIbI~IIIIIJ[J`JJJKKKKKKKK'L/LTL_L MMMMnMqMMMMMNNNNOOPP&Q.QIQQQqQtQQQRRKRSRRR:SKSLSOSSSUUV&VpVxVVVVV$W)WWWhIhIH*hIhI5 hIhI\yHIMmMNOOOUPRKSUV,W0X1XgXH[Y\Z\[\\\R] ^!^J^`gdI`gdIWWW)X.X1XgX[\\\\!^I^__bbddjfnfNiXiSk]kllmmmmnnppppq qqqqqrrrs0tEtttwwwwJxSxxxzz4z9ztzzzz0|8|X|]|||F}K}0~7~lo؀hIhIH*hIhI6hIhI56hIhI5 hIhIU`MbMdggh=jknRpqskvwyyO>ArCitation^gdCJ"!+ + +!+!+!+!+!+! +! +! + + + +)4CRWm66{VtL5C  9abc./Xv6 | A !!!'"("#%'((.*/*0*1****.03T44T5U556D7777788F8G8_8:o:p::;; <a<<>>>??0@1@#ANAOAbAByBCGmGHIIIUJLKMOP,Q0R1RgRHUYVZV[VVVRW X!XJXZM\M^aab=dehRjkmkpqss@MQRT<>wyz|BFRVY[qs+ - k m $ + - / 0 4   "tyHL Y_uw68,/[^ilmo57w~35"QSeg<C<>CE'+5 ; F H S b #!%!U!W!!!y"}"~""##R#U###$$$!$?$A$K&M&&&&&%'('-'/''')(*(((4)8)***!*b*d*******++----....$/'//////00011111111:2@2A2C2b2d233B3D3[3_333i4l444$5&50535457555666666+6-6Y6]6}6666d7g7i7n7o7s7 88588898=8A8D88899.949B9D9999999R:T:::::::I;K;N;P;Q;S;c;e;;;;;;;;;;;<<-=/=>>*>,>>>>>>>>>??}????@@ @@@@2@4@J@L@h@l@@@@@ AA4A7A?ABA^AaA4B6B:B=BBBBBBBC#CDCKCCCCCnDpDDDDD6E[N\P\\\\\\\\\\\\\ ] ]B]E]]]__<_@_)`+`<`>``aOaQacaeaaa b b8b:bbbbbbb)c-cncuc/d1d6d:dadcdddze|e}eeeeeeffffff\fbfffggg!g&g(gHgJgcgeggggg&h(hZhahii,i.i6i8iXiZi}iiiiiiii jjqjsjlll lllmmmm]nfnnnnnoooooopp)p+ptpvpppppqqZq\qqqqqr"r3r5rrrrrrs u$uCuGuuuuuuuCvIvvv ww!w#wtwvwwwwwwwtx{x[y_yryvyxyzyzzzz||||||||||||||#},}Z}]}}}}} ~q~x~}~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~ -568?ABISVWZ|"?DHPȁρĂɂIOlv8< ÆHWv~ڐ+.AD *-.1˜suTV'*@EPR|~$>@ҡء٢ݢ =?ϣң٣ݣ qtjl %'5;Ѩը(*GI\c|~`ex{Ūʪ/5nqrt26DF`b*0gjӮծRTίӯ֯ۯ"%+146ehlpZ\fiٱޱMRҲ۲ 'X_ai356:дҴY]yMO.2}HN\_׻ٻ.125tx%'mt8<[]~z|DHRV:>XZ[^ ?BHJagvx sGJjt AF(,8:BJdmqxy/3\^MUt{ ou24BIY\38}-/OUsu{(+=FMTVX HOz| %ho ''0GO>DuwQa&@CQU_dmoqsPRSV\_@bb`߹bb)@ @UnknownGTimes New Roman5Symbol3 Arial q$$#Nha$4`y=Marie-Claire PlancheMarie-Claire PlancheMarie-Claire Planche Oh+'0" , L Xdpx'Marie-Claire PlancheMarie-Claire PlancheNormalMarie-Claire Planche2Microsoft Word 11.6.6@@n_@ވ_#NG!PICT!Z HHZ ZHH<ZZ     +VRg9VsZRZcZkZZ^Nsc AVZVg9VckZckZ^g9^Zc^cZZcNsccNsZ     i-VRg9VRskZkZVccVcg9^Vg9kZcZcg9ZRRcZcg9^g9V^g9^^ZkZR^RkZZ   5JRckZg9ZZg9g9cg9kZcg9^^g9kZ^kZg9g9kZVZwc^^^g9VZcg9kZRZg9kZccZ^kZcg9g9ZR^g9cg9^g9R^g9g9 kZZVV^ZZV^Zg9ZZg9^g9g9ZkZVZ^Vo{g9^g9Zcg9wRg9w^Z^ZZRZkZc^^kZZkZ^ZNsZ^ZcZRkZg9g9 g9VVcZVZ2g9wZg9^ZkZZ^RZg9g9^g9cZ^RcVZZcg9Z^^g9g9^kZZg9^^VcZZkZg9 ^kZcZZRNscckZc^g9 MZg9Z^VZkZg9w^^RkZV^V^g9Zcg9g9g9F1^g9g9kZ  !V^w^^cg9^ccZkZg9c^^cg9kZNscZZg9ckZ^cZkZg9c!g9^g9R^g9NsZkZg9g9ZZg9ZkZg9^cRZwcg9^^Zwg9g9R^g9 g9c^g9g9Zg9@c^Zg9ZZg9g9^g9g9ZZ^Z^kZZg9g9wZVkZg9g9^^g9Z^g9RcRZg9ZkZg9cg9kZ^Vc^^g9kZg9Zcc^g9kZcR cZ^kZZg9VZZRg9ZZ^^kZg9ZVg9^0g9Rg9cg9g9^^Rc^cg9w^VZV^Z^kZg9cg9kZcg9^^ZZkZ^g9Vg9^^^g9g9Ns K^cg9wkZVZZkZcV^g9ccRV^R^Z^kZg9Z^cg9^g9g9kZRZg9VZkZg9^Zg9cg9^ZkZkZZg9^^Vg9F1VkZg9Zg9g9ZRg9ZkZ^ $g9^^kZcJRRg9^kZZg9RcZZRZg9g9JR^g9g9g9RZRVo{VZZkZ^ccg9c^cZ^kZZZNsVZZRZg9 +V^^g9g9^^g9g9ZkZw^kZg9cZZg9^cVg9kZc^ZkZ^^Z^g9kZRZg9g9kZg9cg9^g9R^g9g9cZ^^g9g9Z^g9kZR^ZZ^  VZg9g9cg9ckZZkZcg9g9^;g9c^kZg9g9NsRg9g9Vo{cg9g9Zg9^Zg9g9Zg9VckZJRRZg9^g9g9ZJRZ^kZZR^Vg9Rwg9VVkZg9g9g9 g9V^kZNsV^Zg9Zg9kZRg9Z^kZZ&g9^g9^^kZ^ZZw^^kZg9ZVVZwcg9cZg9VZZNsg9Zwg9RRg9^g9g9^Zg9kZ^ cZ^kZZ&g9JRcRg9^kZw^^Zg9ZVR^wkZZ^VRZ^kZcg9g9kZZkZg9ZJRg9^Zcwg9g9JR^^cZ^kZZR Zc^cZ^kZZ g9VZZRRF1Z^V Zg9g9ZNs^g9^g9cRkZg9g9^kZR^wZg9VV^Zg9^^kZg9Z^g9g9VVkZg9w  RV^kZVZc^NsNsg9^g9^VZF1Vw^VZVVkZRcZ^kZZRZg9wcg9kZ^c^^g9g9^g9NsZZwZZkZg9g9R^^g9^c^NsNs$g9^cZg9VVg9kZg9^kZc^kZVZg9ZRZ^ZVRVZZkZZZg9^g9RRkZg9Zw^g9g9ZcZkZg9^cg9RkZ^^ :g9^ccg9ZwNs^NsZ^^g9g9Zg9g9^Nsg9 JRg9g9cg9cZ^kZZNsF1ZZkZg9kZg9cg9cRZw^Z^#g9^^ZVVg9kZg9^kZ^cZg9^kZckZF1Z^kZc^ZkZNsNswR  ^^g9kZg9g9g9g9Zg9?@ABCDEFGHIJKLMNOPQRSTUVWXYZ[\]^_`abcdefghijklmnopqrstuvwxyz{|}~Root Entry F8_1Tablec[WordDocument0"SummaryInformation("DocumentSummaryInformation8CompObjX FDocument Microsoft WordNB6WWord.Document.8